Aux collectivités locales, il militera pour la « voie de l’élargissement des libertés locales portées par le processus de décentralisation » afin de mieux prendre en compte « les cultures et les savoirs locaux afin de donner un visage africain » aux nécessaires mutations du monde contemporain. Il ne manquera pas de rappeler, par ailleurs, que la colonisation a éradiqué des « siècles d’organisation du pouvoir, d’autonomie politique et administrative fondée sur le sacré ». Ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, il publier en mars 2009 « Le Livre blanc 2008 sur la fonction publique » dans lequel il affirme, à juste raison : « Je demeure convaincu que notre fonction publique doit être considérée comme un bien collectif de la nation et qui, comme tel, doit être cultivé, entretenu et sans cesse consolidé comme un héritage précieux à transmettre aux générations futures ».
C’est un sujet que Ouattara aborde avec passion ; il sait la place et le rôle que cette fonction publique (environ 94.000 agents dont plus de 55.000 fonctionnaires, aux trois quart des hommes !) a joué dans l’évolution du Burkina Faso sous la « Révolution » puis la « Rectification » et, enfin, depuis la libéralisation de l’économie et la démocratisation de la vie politique. Il s’est attelé à redonner à cette fonction publique ses lettres de noblesse (remises en question par la montée en puissance du secteur privé, notamment dans le secteur des services) et s’est efforcé de lui donner le goût de l’excellence (il avait d’ailleurs créé une lettre de performance de la haute administration intitulé : « Quête d’excellence »).
Il a entrepris le recensement biométrique des fonctionnaires (avant d’engager celle des agents) afin de rendre pleinement opérationnelle une fonction publique qui a été considérée, trop souvent, comme un « fromage ». Il a d’ailleurs, à ce propos, dénoncé « une fonction publique de fils à papa » au sein de laquelle une « politique de la puissance financière » s’appliquerait, privilégiant l’accès sur titre aux postes administratifs alors que c’est la voie du concours (facteur d’égalité des chances) qui, selon lui, doit être maintenue et renforcée.
Voilà donc Ouattara élu président de l’Assemblée nationale, l’année du vingtième anniversaire de l’installation de cette institution (15 juin 1992) et l’année de la réforme constitutionnelle.
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