Nice profile of Bongnessan Arsène Yé by Jean-Pierre Bejot

Mais s’il demeure « l’homme du parti » (l’ODP/MT, qu’il préside de 1993 à 1996, puis le CDP qu’il présidera jusqu’en août 1999), Yé n’est plus en adéquation avec l’évolution de la société burkinabè. Au tournant du siècle, son nom évoquait bien plus l’ancien régime que le nouveau. Il avait été membre du bureau politique du CNR en 1986, secrétaire général national des CDR, etc. ; pas les meilleures références quand « l’affaire Zongo » fera la « une ». Il lui faudra laisser la place à la nouvelle génération, celle de la campagne présidentielle de 1998. Il quittera le devant de la scène en étant promu colonel.  Il y reviendra en 2011. Dans le dernier gouvernement de Tertius Zongo, il est nommé ministre d’Etat, ministre auprès de la présidence du Faso chargé des Réformes politiques (janvier-avril 2011). Quelques semaines plus tard, le pays est confronté aux mutineries au sein de l’armée. Le régime ne vacille pas vraiment sur ses bases (même si son image en prend un sacré coup) ; mais chacun sait qu’il faut, désormais, passer à autre chose. Zongo, qui voulait aller trop vite, trop loin (avec une façon d’être volontariste très « Made in USA »), cède son job à un communicateur : Luc Adolphe Tiao.  Yé, qui a mis en place, en octobre 2003, le Centre d’études et de recherches sur les pratiques de la démocratie (Cerprade), reste au gouvernement avec le titre de ministre d’Etat, chargé des Relations avec le Parlement et des Réformes politiques. Il va mettre en place le Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) qui organisera les « Assises nationales » chargées « de créer de nouveaux cadres d’expression et de liberté », « d’améliorer la gouvernance dans le sens d’un rééquilibrage des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire », enfin, « d’améliorer la gouvernance électorale ».  Il a pensé reformater le pouvoir burkinabè mais semble avoir oublié une de ses craintes (cf. supra) : être un pouvoir qui ne fait plus que « gérer des structures bureaucratiques ». Or, c’est ce que le sénat paraît devoir être pour bon nombre de Burkinabè.

via Bongnessan Arsène Yé, metteur en scène des réformes politiques au Burkina Faso – leFaso.net, l’actualité au Burkina Faso.

About mkevane

Economist at Santa Clara University and Director of Friends of African Village Libraries.
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